La "post-vérité", nouvelle arme de communication?

Dans un récent sondage adressé par e-mails, un organisateur d'évènementiel spécialisé dans l’assurance nous interrogeait sur nos souhaits concernant le contenu attendu d'une prochaine journée consacrée à l'assurance digitale. Désireux d’apporter ma contribution sur le sujet, je lui formulais deux pressants conseils.

Le premier, de bon sens, suggérait de permettre aux créateurs de start-ups de participer aux travaux d’une telle journée sans frais d'inscription : seul espoir de favoriser une affluence sincèrement qualifiée et motivée par le sujet, les tarifs pratiqués habituellement pour ces journées à thème devenues souvent « machines à cash » étant dissuasifs, voire inaccessibles pour des indépendants ou individuels.

Le second, plus orienté, proposait de réserver prioritairement les interventions et prises de parole, non point aux sponsors et autres soutiens de la manifestation en reconnaissance de leur générosité, mais à des acteurs inscrivant concrètement leur engagement dans ce nouveau modèle d'assurance. Soit à travers leur expérience dans cette voie, soit par leur parcours en cours.

En résumé, je souhaitais à cet ami organisateur de concevoir une manifestation fréquentée assidument par un public légitime, en attente d’écoute et d’échange sur des initiatives significatives et avérées !

Ce vœu trouve son explication dans l’expérience de développement de notre start-up, créée depuis quinze mois et dédiée au bien-être par l’animation et l’élargissement de communautés d’utilisateurs et décideurs autour d’une application et d’un algorithme.

Désireux de profiter des expériences en cours et de nouer des partenariats avec les opérateurs se tournant vers le marché de l’assurance digitale, notre cœur d’action, nous vérifions depuis des mois que la quasi-totalité des innovations ou créations exposées ne sont en réalité qu’à l’état de projet ou d’intention. Comme les idées foisonnent et les ruptures s’accélèrent, les dits projets sont en général rapidement remplacés par d’autres et ensuite oubliés, exonérant ainsi les communicants et dirigeants de répondre à des questions insistantes sur le suivi de ces annonces…Et entraînant des départs de plus en plus rapides de collaborateurs frustrés d’avoir œuvré en vain à faire aboutir de belles idées d’une part et de devoir ensuite laisser croire que ces idées prospèrent alors qu’elles sont passées aux oubliettes !

Cette pratique, venue dit-on des USA, dite de « post-vérité », consiste donc à communiquer en amont du projet dans les termes qu’on se proposerait d’utiliser en aval, permettant ainsi de laisser penser au public que ce qui est envisagé existe déjà ! Parler ou écrire au présent narratif en substitution du futur ou du conditionnel ! Recyclage tendance du vieil adage : « moissonner le blé en herbe « !

Ainsi avons-nous entendu de la BPI que l’assurance comportementale de personnes « existait depuis fort longtemps en France »…, que les DRH utilisaient couramment une application de services de prévention qui sera livrée fin…2017, que la signature électronique avait « dix années de pratique », que telle application récompensait déjà la pratique du cyclisme dans l’assurance…

Sans doute cette pratique de l’autosuggestion (« mytho ! » diraient nos jeunes…) est-elle aggravée par l’envahissement du virtuel dans nos divers et nombreux écrans ?

Cette dérive est contre-productive.

Alors que les enjeux se révèlent complexes, interconnectés, sensibles…et exigent recul, patience, ouverture, partage…la pratique de la post-vérité laisse penser que la solution doit être délivrée dès l’énoncé du sujet. Comme si le vin nouveau devait s’affranchir du vieillissement en fût de chêne ! Et ainsi priver le public du privilège d’apprendre à essayer, tenter, entreprendre sous prétexte de le cantonner au seul exercice de communiquer…

Rassembler celles et ceux qui recherchent un nouvel horizon dans un monde que certains voudraient zébrer de murs représente un formidable challenge dans lequel l’inconnu constitue une puissante motivation ! On aime être surpris par ce que l’on espère ! Mais on y parvient par des chemins imprévus !

C’est par l’apprentissage, y compris en échouant davantage qu’en réussissant que s’acquiert ce goût et cette exigence de faire avant de dire, rempart contre le « mentir vrai » cher à Aragon qui aurait ainsi pu écrire avant l’heure que la post-vérité n’était même pas nouvelle…

PC

14/02/2017

Il y a sport et sport...

Ce 14 janvier, Stéphane Peterhansel a remporté le 39ème Paris-Dakar au volant de sa Peugeot. C'est la 13ème victoire (7 en auto + 6 en moto) de ce pilote exceptionnel dans ce rallye dont il prend le nom dans les médias qui l'ont baptisé Monsieur Dakar! L'exploit est digne d'être salué de poursuivre ainsi 25 années de domination dans le plus connu des rallye-raids. D'autant que le second de cette édition 2017 s'appelle Sébastien Loeb, nonuple champion du monde des rallyes, sans doute l'un des plus grands magiciens du volant!

Ce qui retient l’attention est ailleurs…

En 1989, dans une situation identique, avec deux ténors aux avant-postes, Ari Vatanen et Jacky Ickx, l’écurie Peugeot avait décidé de tirer au sort le vainqueur (Vatanen) et demandé à ses deux pilotes de neutraliser la fin du rallye pour assurer la victoire de la marque sans risque de casse…Cette décision avait ulcéré les admirateurs de ce sport et frustré les deux champions. Jean Todt qui avait jeté les dés sur le tapis avait argumenté en expliquant qu’à ce stade le sport était un « business » et que les pleurnicheurs confondaient sport et bienfaisance…

Cette année, Peterhansel et Loeb avaient au contraire carte blanche de la même écurie Peugeot pour défendre leurs chances jusqu’au terme du rallye, ce qu’ils ont fait avec panache, plaisir et fair-play, dans un paysage à couper le souffle ! Entendre l’un des deux expliquer qu’il laissait le passage à l’autre s’il était plus rapide et l’autre faire de même restera un témoignage réconfortant à plusieurs titres !

On n’est pas champion par hasard ou calcul, l’époque ne condamne pas à sacrifier le sport pour l’argent, une marque peut gagner en valeur au-delà du résultat ! Peugeot a signé un triplé historique (avec Cyril Després, 3ème), la victoire de Peterhansel est valorisée par la 2ème place de Loeb, lequel a été dominé par le maître du rallye…et ces challenges humains dans la course font la beauté du sport que revendiquaient Camus et Montherlant !

Et « cerise sur ce gâteau », on a peu entendu cette année les habituels détracteurs du rallye-raid, qui il est vrai, ne se satisfont sans doute pas que celui-ci ne puisse plus être organisé en Afrique faute de sécurité, après l’avoir si longtemps considéré non-grata sur cette terre ! Le sport en partage de dialogue et d’émotions, une autre valeur à saluer et défendre !

PC

20/01/2017

Du leadership, à partir d’un exemple pris dans le sport...

Les résultats contrastés du PSG en cette première partie de saison n'ont pas manqué de révéler sans surprise comment le traitement médiatique était devenu simplificateur et caricatural...Pour résumer, dès la première contre-performance de l'équipe, l'appel à changer d'entraîneur s'est installé sur nos plateaux et dans nos rédactions comme la seule solution proposée avec cette règle auto-proclamée en boucle : 1 défaite veut dire "danger", 2 défaites consécutives signifient "crise" et 3 défaites ne peuvent être sanctionnées que par un « imminent limogeage" du coach!

Ce traitement professionnellement paresseux détourne d'une analyse plus approfondie, plus élargie et plus enrichissante.

Ce club s'est séparé à l'intersaison de sa « star », le désormais célèbre "Zlatan", très vite confirmé star dans son nouveau club mancunien, et à ce jour ne l'a pas remplacé dans ce rôle!

Car si les joueurs ont maintenu leur niveau et même pour certains amélioré leurs performances individuelles, si les résultats eux-mêmes sont loin de la présentation négative qui en est faite dans nos médias, il est avéré que l'emprise du groupe sur sa trajectoire sportive et sur le contenu des matchs s'est affaiblie. Du même coup, l'adversaire s'est décomplexé et les résultats se sont équilibrés.

Car un leader joue simultanément deux rôles.

Il encaisse la pression pour le groupe, protège ainsi celui-ci et donc libère chacun de ses coéquipiers d'une part ; et il transfère cette pression sur ses adversaires qui en deviennent insécurisés d'autre part!

Les équipiers s'en remettent à un geste venu d'ailleurs de leur leader pour les rassurer quant à l'issue de situations incertaines quand leurs adversaires redoutent le même geste imprévisible qui va balayer leurs meilleures intentions.

Cette fonction de leadership est une composante incontournable de toute organisation managériale.

La séparation du leader est pourtant souvent souhaitée : il manifeste un ego difficile à gérer, semble étouffer l’éclosion de ses partenaires et devient l’homme-clé au point qu’une faiblesse de sa part entraîne mécaniquement son entourage à la défaite.

C’est ce dernier aspect qui a motivé le non-renouvellement du contrat de Z. Ibramovic. Défaillant dans les rendez-vous européens, Zlatan écrasait par contre les compétitions nationales de son talent et de sa personnalité. Or après avoir tout raflé dans l’hexagone, le trophée européen est devenu légitimement l’objectif prioritaire du club. D’où ce départ d’apparence rationnel…

Sauf que ce joueur était plus qu’un joueur, curieusement jamais capitaine, mais un vrai leader ! Non remplacé donc dans ce rôle à ce jour…

Changer d’entraîneur, multiplier les recrutements, diversifier les systèmes de jeu…ne servirait à rien d’autre que satisfaire les « médias-carnassiers » sans apporter de solution au groupe !

La complexité de cette équation tient au fait que le leader s’exprime dans une alchimie qui échappe souvent au rationnel et demeure largement imprévisible : adéquation entre profils, charisme naturel, capacité d’expression et d’autorité, imprévisibilité…

La méthode propre à notre système d’encadrement est souvent contraire à cette recherche. L’élément leader remet en question l’ordre pré établi, introduit du désordre, désacralise l’autorité, perturbe la discipline, etc…

Mais c’est pourtant ce leader qui va transgresser la logique, bousculer le confort, transcender la hiérarchie et permettre la conquête !

A deux reprises dans mon parcours professionnel, j’ai vécu cet étrange phénomène : l’équipe dirigeante du groupe repris (dans une situation souvent périlleuse) s’est imposée ensuite sur celle du groupe repreneur ! La logique économique aurait appelé l’inverse mais cette situation exceptionnelle et passionnelle d’absorption ou fusion ouvrait la voie à une simple logique humaine : le pouvoir est allé vers ceux qui le voulaient le plus et se sont imposés en leaders !

La rareté de ce type de profil s’est aggravée avec le management en cours du « politiquement correct » et avec la promotion de la personnalisation à laquelle les réseaux sociaux s’adonnent largement. Les primaires passées et à venir offrent ce spectacle d’une multiplication et d’une normalisation de candidatures qui laisseraient à penser à chacun : « pourquoi pas moi ? ».

Or la conduite d’un groupe humain ou de toute autre collectivité exige au contraire de développer des atouts hors norme ! Et être « star » ne se proclame pas a priori ; encore moins a posteriori quand l’être devenu dispense de le rappeler !

Les chasseurs de talents peuvent se rassurer : si les réseaux sociaux permettent le brassage des profils à l’infini, ils n’ont pas encore trouvé la clé de l’exercice du leadership ! Car elle n’existe pas sur un CV…elle se vit et vérifie in situ !

Bonne année nouvelle à tous les leaders et à ceux qui ont la chance de les recruter ou côtoyer !

 

PC

26/12/2016

Lentement mais inexorablement...

Le scepticisme qui précède ou entoure l'alerte sur l'évolution climatique résiste mais s'effrite...

136 maires d'Ile de France avaient à peine apposé leur signature au bas d'une pétition réclamant le retour de la voiture sur les berges de la Seine que notre capitale entrait dans la plus longue période de pollution qu'elle ait connue depuis des décennies...

Le nouveau président des USA s'enflammait à l'encontre des « croisés de l'écologie » quand 360 entreprises multinationales lui signifiaient qu'elles reconsidéreraient leur ancrage américain si les accords de Paris sur le climat (Cop 21) étaient foulés aux pieds...

Les photos du nuage de particules flottant sur nos agglomérations et les communiqués des météorologues relatant la montée des températures sur l'Arctique à 0 degré contre les -20 habituels n'ont pas manqué de convaincre nos concitoyens que décidément cette évolution climatique était bien réelle!

Et la première « class-action » d’envergure annoncée ces derniers jours concerne une assignation des responsables politiques sur les conséquences des épisodes de pollution en matière de santé ! Sans dramatiser à l’excès, faut-il rappeler que ces nuisances entraînent 48 000 décès par an en France…

Certes la question du degré de responsabilité de l’humanité dans les évolutions majeures du climat continuera de diviser…entre l’appel légitime à l’humilité sur les réels pouvoirs de l’homme d’un côté et celui non moins légitime de la prise de conscience des attentes citoyennes émergentes pour protéger le futur de notre planète !

L’enjeu n’est donc pas de prétendre influer sur les mouvements de la galaxie céleste et de vouloir intervenir sur les rotations de la planète bleue autour du soleil…mais d’agir sur les leviers dont dispose l’humanité pour éradiquer ou corriger ce qui altère et dégrade !

Ce défi converge et pour cause avec la réflexion sur le modèle de civilisation qui s’offre à nous : entre le le retranchement identitaire autour d’une privatisation des ressources en réel mais lent rétrécissement et l’ouverture sur une appropriation partagée et renouvelée des biens communs que sont l’air, l’eau, le soleil, le vent…

Cette voie est parfois plus difficile à « vendre » en face du simplisme qui nourrit le populisme mais combien plus motivante ! Elle exige imagination, pédagogie, effort et solidarité quand paresse et égoïsme semblent plus spontanés d’accès…

Tels deux faces aimantées qui peuvent s’attirer ou se repousser selon leur position, les communautés mobilisées pour relever ce challenge existentiel et celles qui se sentent dépassées ou délaissées dans ce changement de paradigme doivent pourtant se rapprocher.

Car il serait vain de multiplier créativité et inventivité pour créer un monde de bien-être comme l’ère numérique le permet, si dans le même temps, bouffonnerie et démagogie populistes continuaient de prospérer sur la peur du lendemain et le rejet des élites !

Puisque le « toujours plus pour tous » est dorénavant injouable dans une terre qui atteint ses limites de ressources et de disponibilité naturelle, tournons-nous résolument vers le « bien-être » !

Un exemple choisi de ce virage « wellness » dans mon métier d’affection pour illustrer cet appel ?

Celui de l’assurance qui achève une nouvelle année de progression de son encaissement largement supérieure à celle de la richesse économique produite. Pour combien de temps, ces deux courbes pourraient-elles ainsi encore s’écarter ? Les entreprises et leurs salariés pourront-ils encore durablement supporter que leur budget prévoyance et santé évolue en moyenne deux fois plus vite que les salaires comme ce fut encore le cas en 2016 ?

Alors qu’un programme combinant prévention, responsabilisation et accompagnement du risque assorti d’un engagement de l’assureur d’en partager les bénéfices techniques avec les assurés permettraient au premier de largement compenser la compression de son encaissement par une amélioration de son ratio de solvabilité quand les seconds paieraient moins chère leur protection en vivant mieux et plus longtemps !

Vœu d’aubaine en cette veille de nouvelle année ? Emergence au contraire d’un modèle d’assurance d’usage qui s’installe dans la voiture connectée et va s’imposer comme l’assurance comportementale de la personne !

Bonnes fêtes de « bien-être » à tous les wellnessiens !

PC

18/12/2016

Les c..s !!!

On rapporte que du haut de la passerelle de l'avion qui le ramenait de Munich, le Président Daladier aurait marmonné ces mots à la vue de la foule l'acclamant de retour d'une entrevue avec Adolf Hitler,  destinée croyait alors cette masse exaltée à assurer la paix : "les c..s!!!"

Qui sait si un homme de pouvoir autoritaire installé au delà de l'Oural et rêvant de dominer le monde occidental ne vient pas en quelques semaines de reprendre ces mots? Après le Brexit clouant au sol le Royaume Uni pour quelques années, après l'élection improbable d'un apprenti en politique outre-atlantique, voici une première réservée à la France : un Président et son rival et prédécesseur empêchés de se représenter après quatre années d'incessant "bashing"! Avant peut-être la chute d'un réformateur italien...

Ainsi donc l'arme fatale ne serait ni nucléaire, ni conventionnelle. La mobilisation puis la vassalisation financière des médias et autres sondeurs ou experts acharnés à hystériser l'information et parfois la travestir...feraient l'affaire! En quelques campagnes orchestrées en boucle et en meute, tout responsable est broyé au hachoir populiste : "élitistes, illégitimes, autistes, diplômés du système...laissez la main au peuple"!

Dispensez-vous de réfléchir au futur de notre monde, de mesurer la complexité de nos organisations universelles, d'évaluer l'état des forces et faiblesses de notre communauté humaine, de garder recul et humilité devant cet entrelacement de paramètres, de faire effort d'écoute et d'empathie, de vous passionner pour trouver la lumière...Sortez les incapables, corrompus, technocrates! Et refermons portes et fenêtres sur nos racines, préférons les murs aux passerelles, restons entre nous en rejetant les autres!

Et pendant que nos microcosmes nous entraînent à ces jeux de "télécitoyenneté", façon élimination, notre affaissement moral et civique nous prive de relever le plus fabuleux challenge qui nous soit offert : sauver et harmoniser tous ensemble une planète entièrement explorée, occupée par une humanité dotée d'une intelligence capable du meilleur quand elle s'affranchit du pire!

Et certes inventer le drone télécommandé qui livre la bouteille d'eau minérale au malade inaccessible mais aussi empêcher cinq cent mille hommes, femmes et enfants de mourir de soif dans un enfer à trois heures d'avion de notre confort matériel et à des années lumières de nos mesquines et obscurantistes chimères...

Thomas Pesquet, dans votre vaisseau qui tourne 18 fois par jour au dessus de nos têtes : dîtes-nous que vue d'en haut la terre est belle et que l'homme doit la mériter!

PC

02/12/2016

Des socios du Barça aux Berliner philarmoniker...

Nous connaissions ce fonctionnement participatif  historique et exceptionnel du prestigieux club de football de Barcelone : des milliers de membres, les socios, prennent directement part aux échanges et décisions qui orientent le futur de ce club! Et ça marche puisque ce club domine le football européen et mondial depuis plus d'une décennie. Non sans quelques convulsions de management parfois, comme lorsque le Président fut éconduit ou lorsque fut admis de sponsoriser le maillot...Mais la maturité du collége des socios a toujours permis de dépasser ces menaces ou soubresauts et d'en sortir par le haut!

Moins connu mais emblèmatique est l'exemple de l'orchestre philarmonique de Berlin qui combine excellence musicale mondiale et démocratie interne dans sa conduite. Chaque musicien est en effet appelé à décider (un homme, une voix) sur les options majeures en matière de stratégie, recrutement, management...Songeons que le grand chef de cet orchestre, Herbert von Karajan lui-même, dut un jour s'incliner devant un vote négatif sur un choix de soliste ! Un tel mode managérial serait souvent jugé attentatoire à l'efficacité ou à la réactivité dans nos cultures centralisatrices.

Et pourtant? Alors que la révolution numérique encourage l'appel participatif en simplifiant ou  réduisant les circuits et processus de gouvernance, les organisations verticales et unidécisionnelles ne sont-elles pas condamnées à terme? La situation périlleuse de certaines structures de représentation, partis politiques, syndicats, mutuelles...alors que les citoyens naviguent avec engouement et en masse sur les réseaux sociaux semblent apporter la réponse.

Inventons-donc de nouvelles formules. Nous l'écrivons, nous le ferons!

10/02/2016

Pourquoi un blog ?

Je me suis longtemps posé cette question : que pourrais-je apporter par ce type de média ?

Je suis en effet de ceux qui ne désespèrent pas de voir leurs idées partagées ou contestées lors de débats ouverts, sincères, amicaux et constructifs. Encore faut-il que ces échanges de fond soient ensuite repris par la presse et ceux dont c’est la vocation d’informer…Ce qui n’est plus le cas, sauf heureuses mais rares exceptions : le « bashing » a envahi les rédactions et relégué l’information pensée et le dialogue contradictoire aux temps révolus ! Pourquoi ? Nous y reviendrons…

Alors, bloguons ! Humeurs, convictions, irritations, jubilations…seront ainsi livrées au fil des jours, à propos du métier, celui d’assureur de personnes, de passion, celle du vélo, de citoyenneté, celle de l’univers…

Car l’époque a ceci d’exaltant qu’elle nous offre des sujets complexes et sensibles que le simplisme ambiant et la culture transgressive ne peuvent contribuer à résoudre ! Alors que la pression ne cesse de harceler les responsables pour trancher en solitaire et à l’instant, c’est par le partage et la réflexion que naissent et prospèrent les solutions ! Le contraire du « prêt à penser », l’antidote à la dictature du « correct », l’anticorps de l’hypertrophie de l’ego…

On ne se refait pas : étudiant, je portais la rébellion des amphis et respectais l’autorité magistrale…Cette apparente contradiction m’a servi : je peux relire Tocqueville en lui trouvant aujourd’hui des accents libérateurs et me réjouir de ne pas avoir rompu avec ceux que je trouvais bien réactionnaires qui nous conseillaient cette lecture…

Rebelle et respectueux hier, je le suis resté en dépit de toutes les tentations ou adversités…Alors que j’ouvre une page entrepreneuriale passionnante, ces deux leviers ne peuvent que me stimuler dans la nouvelle économie, celle dite collaborative ou de partage ! Dans laquelle business et humanité vont de pair !

Pierre Cellot